Comprendre l'écologie des tiques et s'en protéger
Une balade en forêt, une sortie en famille, un moment passé dans un jardin… Comment parler des tiques à vos visiteurs sans les inquiéter ? En tant qu’hébergeur, conseiller en séjour ou accompagnateur d’activités de pleine nature, vous pouvez leur transmettre quelques réflexes simples. L’objectif : comprendre, prévenir et savoir réagir, pour continuer à profiter des sorties en nature.
Les tiques se nourrissent du sang de leurs hôtes. Il en existe de nombreuses espèces, avec des apparences différentes. Leur taille varie aussi selon leur stade de développement et selon qu’elles ont, ou non, pris un repas de sang. Une petite tique peut donc être bien moins facile à repérer qu’une tique déjà gorgée !
La tique qui nous intéresse est Ixodes ricinus. Son développement comprend plusieurs étapes : l’œuf, la larve, la nymphe puis l’adulte. Son cycle de vie s’étend sur deux à quatre ans, avec une particularité : elle passe l’essentiel de son existence dans son environnement, au sol ou dans la végétation, et seulement une petite partie sur ses hôtes.
Où et quand peut-on rencontrer des tiques ?
Les tiques ne sont pas présentes uniquement en forêt. Les jardins et d’autres espaces végétalisés peuvent également les accueillir. La vigilance ne concerne donc pas seulement les visiteurs qui partent pour une longue randonnée : elle peut aussi trouver sa place dans les conseils donnés aux personnes qui profitent des extérieurs d’un hébergement.
La température, l’humidité, la végétation et la présence d’animaux sur lesquels elles peuvent se nourrir influencent leur présence et leur activité. Leur pic d’activité se situe au printemps et il y a une reprise à l’automne chez Ixodes ricinus. La prévention ne doit donc pas se limiter à la période estivale.
Dans vos échanges avec les visiteurs, vous pouvez intégrer ce sujet au moment de conseiller une promenade, une activité nature ou une découverte des environs.
Les tiques peuvent se nourrir sur des hôtes très variés : chevreuils, petits rongeurs, oiseaux, reptiles ou encore animaux domestiques. L’être humain peut lui aussi être piqué au cours de ses activités.
Pour vos visiteurs, le message à privilégier est celui de la prévention : il ne s’agit pas de renoncer aux sorties, mais de connaître les situations d’exposition et les gestes à adopter.
Quelques idées reçues à déconstruire ...
« Les tiques tombent des arbres. »
C’est une idée reçue. Les tiques recherchent leurs hôtes depuis la végétation : se protéger ne consiste donc pas seulement à surveiller ce qui se trouve au-dessus de sa tête !
« Si une tique infectée me pique, je tomberai forcément malade. »
Les tiques ont besoin d’un certain temps (plusieurs heures à quelques jours) pour transmettre les bactéries Borrelia burgdorferi s.l et provoquer une infection. Plus tôt, on retire les tiques : moins on risque d’être contaminée!
« Je n’ai pas remarqué de piqûre, il n’y a donc aucun risque. »
Une piqûre peut passer inaperçue. L’absence de piqûre repérée ne dispense pas d’inspecter son corps après une sortie dans un milieu favorable aux tiques.
Quels gestes de prévention transmettre ?
Porter des vêtements couvrants : avant une sortie, conseillez des vêtements qui couvrent les bras et les jambes. Ils constituent un obstacle à la progression des tiques vers la peau. C’est un premier réflexe à rappeler lorsque vous présentez un itinéraire ou préparez une activité de plein air.
Emporter un tire-tique : le tire-tique fait partie du petit matériel à prévoir en balade. En avoir un avec soi permet de retirer une tique rapidement lorsqu’elle est repérée, sans attendre la fin de la journée ou le retour des vacances.
Adopter le « Check TIQUE » : le « Check TIQUE », c’est prendre le temps de rechercher les tiques sur son corps. Il faut checker le soir et le lendemain, en vérifiant notamment les aisselles, l’aine, l’arrière des genoux, le nombril, les oreilles et le cuir chevelu. Un miroir ou l’aide d’un proche permet d’examiner les zones moins visibles.
Que faire si quelqu'un a été piqué ?
Le premier réflexe est de retirer la tique le plus tôt possible. Les gestes à avoir sont en trois étapes :
- Retirer la tique avec un tire-tique. Glissez le crochet au plus près de la peau, puis effectuez un mouvement de rotation jusqu’à ce que la tique se détache. N’appliquez pas d’éther, d’huile ou d’autre produit avant le retrait.
- Désinfecter la peau après le retrait. La désinfection intervient une fois la tique enlevée.
- Noter et surveiller. Relevez la date et l’emplacement de la piqûre, puis surveillez son évolution pendant au moins un mois. L’érythème migrant (le rond rouge autour de la piqûre) peut apparaître mais n’est pas systématique, d’où la surveillance de l’apparition de symptômes sur une durée de 1 mois. Dans le cas d’apparition de symptômes ou d’érythèmes migrants : veuillez consulter un médecin ou aller en pharmacie.
Et pour aller encore + loin :
Le programme de recherche participative CiTIQUE permet de signaler les piqûres observées sur les personnes ou les animaux. Les visiteurs peuvent utiliser l’application Signalement TIQUE et, après leur signalement, envoyer la tique aux chercheurs en suivant les consignes du programme.
Vous pouvez faire connaître cette démarche dans votre structure. Attention toutefois : CiTIQUE précise qu’il ne transmet pas de résultats d’analyse individuels. La participation à la recherche ne remplace donc pas le suivi de la piqûre ni un avis médical lorsque celui-ci est nécessaire.
Pour d'avantages de ressources :
Les conseils de l’Assurance Maladie constituent également une ressource pour retrouver les gestes de prévention et la conduite à tenir après une piqûre.
Pour contacter le CPIE, c’est par ici :
L’Escuro – CPIE des Pays Creusois
3, Rue Alexandre Guillon
23000 Guéret
contact@cpiepayscreusois.com
tél : 05 55 61 95 87
Et concernant les tiques :
Amélie BODIN
Responsable Coordination pédagogique – Responsable de projets Santé Environnement et Plantes Exotiques Envahissantes
abodin@cpiepayscreusois.com
tél : 05 55 61 95 87
