Les étangs, quelles caractéristiques ?

Dès le Moyen Âge, les moines cisterciens ont façonné nos paysages en créant des retenues d’eau artificielles pour la production de poissons. Par la suite, de nombreux étangs ont vu le jour afin d’offrir des aires de loisirs. En Creuse, à ce jour, il y a environ 5000 étangs.

Ces étangs se caractérisent par une superficie moyenne (entre 0,5 et 200 hectares) et une faible profondeur d’eau (généralement moins de 2 m). Cette faible hauteur favorise le développement de la végétation aquatique (lentilles, algues, nénuphars, potamots…) et amphibie (roseaux, massettes, laîches…).

Comment se consitue un étang ?

La végétation des étangs est caractéristique et se répartit entre le milieu terrestre et le milieu aquatique. Elle est donc composée de différentes zones : d’eau profonde (nénuphars…), végétations palustres (roselières…) et végétations terrestres entourant l’étang … Les étangs et les mares sont donc des corridors verts et bleus pour les amphibiens ou des zones refuges pour les oiseaux.

©Conservatoired'EspacesNaturelsdeFranche-Comté

Les étangs : tout un écosystème !

©SchémaréaliséparleCENCentre

Les étangs peuvent accueillir une diversité faunistique et floristique importante tels que de nombreuses espèces d’odonates (libellules et demoiselles), des oiseaux, migrateurs comme sédentaires : canards, hérons (Héron pourpré), aigrettes (Aigrette garzette et Grande aigrette)…

Les vases mises à nu sur les pourtours de l’étang ou en période d’assec attirent les limicoles, comme le Chevalier gambette ou la Bécassine des marais, ces oiseaux qui fouillent la vase. Les grandes roselières, milieux en nette régression, peuvent héberger le Butor étoilé, le Busard des roseaux ou encore le Phragmite des joncs, le Bruant des roseaux… 

Les roseaux et plantes associées ont des capacités d’épuration reconnues. Elles fixent les nitrates, les phosphates, ainsi que les particules en suspension, présents dans l’eau.

Accouplement Libellula depressa ©CPIEPAYSCREUSOIS

Qu'est-ce que la ripisylve et son importance ?

La ripisylve permet la protection naturelle des berges grâce à la fixation du sol par des réseaux racinaires particulièrement développés et efficaces chez certaines espèces. À quoi sert-elle ?

Stabiliser les berges

Leur présence permet de limiter l’intensité des crues, de réguler la ressource en période de sécheresse. La végétation freine le ruissellement et le lessivage des sols. La diversité de la ripisylve est un atout. Par exemple, lors de la survenue d’une crue, les tiges aérienne des arbustes se couchent formant ainsi un tapis protecteur du sol. Les arbres quant à eux, bloquent les bois flottants par effet peigne entretiennent également les berges grâce à leurs racines profondes.

Diversifier les habitats

Par son couvert végétal, son système racinaire (caches) et la production de débris (source de nourriture, création de micro-environnements…), la ripisylve est un facteur de diversification de l’habitat aquatique. Par effet corridor, le déplacement de certaines espèces est favorisé par la ripisylve. La faune y trouve quantité d’abris et de nourriture au sein des nombreux habitats (atterrissements, annexes hydrauliques, bras mort, arbres morts…)

Améliorer la qualité de vie

La ripisylve contribue à l’attractivité et à la qualité du paysage fluvial. La présence d’une végétation arborée et herbacée en bordure des cours d’eau contribue à rendre la zone agréable et attractive.

La qualité du paysage riverain participe aussi à la qualité du cadre de vie dans les zones urbaines et périurbaines. Les corridors végétaux constituent souvent des espaces récréatifs (baignades, randonnées, VTT, aire de pique-nique, …)

©smatgm.fr

Améliorer la qualité de l'eau

Par leur système racinaire, les ripisylves jouent le rôle de filtre. Les eaux se trouvent naturellement épurées grâce à la présence de bactéries et/ou de micro-organismes présents sur les racines. Ceux-ci se nourrissent en nitrates et phosphates, assainissant ainsi les eaux de la rivière.

Grâce à l’ombre procurer par le couvert végétal, la présence d’une ripisylve prévient le réchauffement des eaux et permet de réguler le phénomène d’eutrophisation.

La ripisylve améliore également l’infiltration et le stockage de l’eau dans les nappes souterraines et à la surface des sols.

Mais attention aux plantes envahissantes !

L’invasion est là si l’espèce est prédisposée et que l’écosystème est vulnérable. Mais il n’existe pas d’espèce envahissante universelle ! Certains facteurs accélèrent leur apparition. Les milieux perturbés favorisent l’installation d’espèces à forte dynamique. Et l’absence d’organismes antagonistes (ennemis) dans les écosystèmes nouvellement colonisés permettent l’installation des plantes envahissantes, tout comme l’absence de phytophages (se nourrissent de végétaux), de champignons pathogènes, bactéries… et l’absence de concurrence (compétition aux ressources environnementales et les substances nutritives).

©CPIEPaysCreusois

Quelle est la réglementation en vigueur en France?

Elle définit une première liste de 49 espèces (26 espèces animales et 23 espèces végétales). Cette liste des espèces concernées est évolutive en fonction des enjeux identifiés en France. Ce que dit la loi : « pour toutes les espèces identifiées par la règlementation, il est interdit de : les introduire en France, les utiliser, les transporter vivantes, les détenir, les échanger, les commercialiser » – Articles L.411-5 à L.411-10 du code de l’environnement et articles R.411-37 à R.411-47 du code de l’environnement et arrêtés relatifs à la prévention de l’introduction et de la propagation d’espèces exotiques envahissantes : métropole (Arrêté du 14 février 2018 relatif à la prévention de l’introduction et de la propagation d’espèces exotiques envahissantes)

En Creuse, la jussie est une menace, pour comprendre comment agir et s’en prémunir, nous vousinvitons à regarder les préconisations du CPIE en cliquant sur le lien ci-dessous !

Quelques ressources pratiques ...

Pour trouver toutes les ressources sur les espèces envahissantes, c’est par ici : 

Voici la page dediée à la jussie par le CPIE L’Escuro :

©CPIEPaysCreusois

Je suis propriétaire d'étang(s), qui contacter ?

Les propriétaires d’étangs peuvent être accompagnés par :

=> CPIE Pays Creusois : prospecte les étangs pour prévenir l’apparition de PEE. Apporte des connaissances sur les plantes aquatiques et de berge. Met en lien les acteurs du territoire en fonction de chaque situation/besoins.

=> Technicien rivière de votre territoire : apporte des conseils techniques en matière de gestion et conservation des milieux aquatiques. Il travaille souvent auprès d’élus locaux et territoriaux et les assiste dans la mise en oeuvre de politiques de gestion de rivières, milieux aquatiques, bassins versants. Il doit prendre en compte les enjeux économiques, écologiques, mais aussi sociaux : usagers du milieu, propriétaires, associations,…

=> Direction Départementale des Territoires (DDT) : accompagne les propriétaires dans les mises aux normes de leur étang.

=> Syndicat des Etangs de la Creuse / Chambre d’agriculture : accompagne dans la gestion technique, juridique et fiscale les propriétaires d’étangs.

=> Conservatoire des Espaces Naturels, antenne Creuse : accompagnement des propriétaires pour concilier biodiversité et activités humaines via des plans de gestion pluriannuels.

=> Laboratoire Départemental à Ajain : analyse l’eau des étangs et recherche les cyanobactéries.

Pour contacter le CPIE, c’est par ici : 

L’Escuro – CPIE des Pays Creusois

3, Rue Alexandre Guillon

23000 Guéret

contact@cpiepayscreusois.com

tél : 05 55 61 95 87

Et concernant les étangs et les espèces de plantes envahissantes : 

Amélie BODIN

Responsable Coordination pédagogique – Responsable de projets Santé Environnement et Plantes Exotiques Envahissantes

abodin@cpiepayscreusois.com

tél : 05 55 61 95 87